Vichy, Dubonnet, Frigeavia, B&B, Simca, Solexine… Ce ne sont là que quelques-uns des noms et slogans que l’on pouvait voir sur les routes de France, il y a une cinquantaine d’années. On les appelait publicités murales peintes, murs réclames ou murs publicitaires peints. Les supports étaient généralement les pignons des maisons. Les peintres chargés de réaliser ces publicités étaient d’ailleurs appelés pignonistes.



Avec le temps, ces publicités ont peu à peu disparu. Certaines ont pourtant laissé des traces étonnantes, révélant aujourd’hui plusieurs couches de leur histoire. Sur la photographie ci-dessus, par exemple, on peut distinguer quatre publicités différentes qui se superposent. La première que l’on découvre est le slogan « LINCOLN MACHINE À LAVER ». La partie basse de cette publicité, de couleur jaune, s’est complètement effacée avec le temps, laissant apparaître le slogan qui la précédait : « FORVIL ». Là encore, il ne reste que quelques traces du fond rouge de cette réclame, faisant apparaître une troisième inscription : « MEUNIER », entourée de son fond bleu. Tout en bas apparaît une quatrième publicité, cette fois locale : « CYCLES – MOTOS – CAFÉ ». Ainsi, le temps qui passe ne fait pas seulement disparaître ces anciennes publicités : il peut aussi les faire réapparaître.





Certaines réclames murales nous livrent également des informations particulièrement intéressantes. Sur la publicité « FRIGEAVIA », visible ci-dessous, on peut lire, en bas à droite, l’inscription « 26.11.58-70 », ainsi que, juste en dessous, « 33-1 ». L’inscription « 26.11.58-70 » semble nous apporter deux indications. Le 26 novembre 1958 correspondrait probablement à la date à laquelle le pignoniste a terminé et livré son travail. Il est vraisemblable que cette date ait été inscrite à la fin de la réalisation de la publicité. Le « 70 » pourrait, quant à lui, correspondre à la date de fin du contrat passé avec le propriétaire du pignon. Le nombre « 33 » semble faire référence au département de la Gironde, où se trouve cette publicité. En revanche, la signification du « 1 » reste pour l’instant inconnue. Peut-être s’agit-il d’un numéro de référence lié à cette publicité ou à son emplacement. La question reste ouverte.
Ces quelques indications nous permettent ainsi de mieux situer ces images dans le temps et de mesurer la durée pendant laquelle ces publicités ont accompagné les automobilistes sur les routes de France. À partir des années 1970, les affiches publicitaires en papier ont progressivement remplacé les publicités peintes sur les murs. Peu à peu, celles-ci ont disparu des paysages, effacées par le temps, les transformations des bâtiments ou simplement recouvertes par de nouvelles publicités.





Aujourd’hui, elles constituent un petit patrimoine publicitaire et populaire en voie de disparition. C’est donc un véritable plaisir de partager avec vous ces quelques photographies. Elles sont pour moi autant de témoignages d’une époque révolue, mais aussi de traces que le temps n’a pas encore complètement effacées. Peut-être certaines de ces publicités feront-elles resurgir chez vous un souvenir, un nom, un lieu ou simplement l’image d’une époque.
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Il est possible de voir ces photos avec leur légende en plein écran. Pour cela cliquez sur une des photos ci-dessous et ensuite sur le petit rectangle en haut à droite.











